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 [livre] Sylvie - Gérard de Nerval

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Elisabeth de Wittelsbach
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Messages : 320
Date d'inscription : 13/10/2010

MessageSujet: [livre] Sylvie - Gérard de Nerval   Jeu 5 Avr - 21:43

Auteur: Gérard de Nerval

Biographie: Gérard de Nerval de son vrai nom Gérard Labrunie est né le 22 mai 1808 à Paris. Cet écrivain et poète français a passé son enfance dans le Valois, région qui l’inspirera dans son œuvre littéraire. De retour d’un voyage en Italie, il rencontre l’actrice Jenny Colon qui apparaîtra dans sa prose sous le prénom d’Aurélia, ou d’Aurélie. Il est mort le 26 janvier 1855, à Paris, pendu.

Bibliographie: (Elle est longue, donc je la met seulement en partie)
  • 1832: La Main de gloire : histoire macaronique ou La Main enchantée
  • 1834:Odelettes
  • 1852: Lorely, souvenirs d’Allemagne
  • 1852: Les Illuminés
  • 1853 : Sylvie
  • 1854 : Les filles du feu
  • 1854 : Les Chimères
  • 1855 : Aurélia ou le rêve et la vie


Titre: Sylvie

Maison d'édition et date de publication: Le livre français, 1924 (ça, c’est l’édition dans laquelle je l’ai lu, mais vous pouvez aussi le trouver chez Larousse, le livre de poche - ce qui correspond à l'édition de l'image -, par exemple)


Résumé: (issu du site decitre) Un parisien, évoluant dans le demi-monde des actrices, part soudainement, en pleine nuit, vers le Valois, terre de son enfance et de ses premières amours.
II espère y retrouver la belle Sylvie et l'épouser. Dans le fiacre, souvenirs, rêves et réalité se mêlent... mais, sur place, des surprises l'attendent. Ce récit fort autobiographique, par la fraîcheur des sentiments, la poésie des descriptions et la délicatesse du réalisme, est une des œuvres les plus exquises de notre littérature.

Votre avis: (Note préliminaire: Ayant peur qu'une phrase ne joue ce rôle, je la mets en spoiler)
J’ai dû découvrir Sylvie, faisant sa rencontre à travers des extraits, très jeune. En effet, un passage du chapitre 2 et un autre du chapitre 6 se trouvant dans le Lagarde et Michard du XIXème, que j’aimais à feuilleter et où j’aimais à piocher des extraits. Ces deux passages de Sylvie faisaient partie depuis longtemps de mes textes préférés, pour autant, je ne l’avais pas encore lu. Je ne sais pas pourquoi. Toujours est-il que forte du souvenir de ces passages, je partais avec bon nombre d’a priori positifs. D’autant plus que la lecture d’Aurélia, il y a quelques mois, m’a émerveillée au plus haut point. Et Sylvie a tenu ses promesses. Bien plus encore puisqu’un inédit dans les histoires de mes lectures s’est produit avec ce texte : à peine fini, je voulais déjà le relire. Jusque-là… La tentation m’avait déjà effleurée face à d’autres textes et si Nerval y avait échappé avec Aurélia, c’était pour des raisons pratiques. Si l’idée m’avait déjà traversé l’esprit, je ne l’avais donc jamais fait. Mais, là… Une journée après l’avoir fini, j’ai rouvert le livre, pour le dévorer. Et j’étais prête à récidiver! Des relectures en perspective donc.
On pourrait qualifier cette nouvelle d’histoire d’amour, ou plutôt, d’histoire d’amours. Ceux-ci se croisent et s’entremêlent, tout comme les souvenirs, les rêves et la réalité. Car, comme le disent les résumés, souvenirs, rêves et réalité se mêlent, je dirais même qu’ils se fondent, jusqu’à se confondre, jusqu’à ce que les limites les séparant ne soient plus véritablement perceptibles.
« Le rêve est une seconde vie » écrira Nerval dans Aurélia. Mais, cette phrase pourrait également s’appliquer au texte de Sylvie ou pour le narrateur, le rêve est effectivement une seconde vie. Le rêve… Un thème au cœur de ce texte à l’atmosphère onirique. Le rêve se propage d’ailleurs jusqu’au lecteur et l’y transporte. A cette atmosphère s’ajoute un goût nostalgique, la nostalgie de l’enfance, de la première jeunesse, des traditions provinciales se perdant, aux yeux de l’auteur. Celui-ci chante d’ailleurs le charme de la province et des fêtes traditionnelles, telle la fête patronale de Loisy qui est décrite plusieurs fois au cours du récit.
On retrouve également, dans les nombreuses descriptions des éléments tirés des temps passés (même pour Nerval) : ici un château, ici un temple, ici une horloge, ici des habits,…
Spoiler:
 
Les descriptions dressent le paysage du Valois avec ses forêts et ses étangs (ou autres étendues d’eau). Un cadre magnifique. Et ses bâtiments, notamment ses châteaux et ses temples. Des édifices anciens, porteur d’une Histoire que leurs pierres racontent. L’Antiquité, la Renaissance font partie des époques évoquées à travers bâtiments, meubles et éléments de décoration. Entre eau, nature et temps anciens (dont l’Antiquité), c’est un décor Romantique qui est donc planté.
Le style de Gérard de Nerval ! Une des raisons principales pour lesquelles j’ai autant apprécié cette nouvelle. Un langage qui m’a paru plutôt soutenu, sans être alambiqué et qui reste donc facile à comprendre. Un style qui, à mes oreilles, a sa musicalité propre, son harmonie propre. Même dans cette nouvelle, qui est un texte en prose, je trouve que le style de Nerval reste poétique. Ce qui contribue à la beauté de ce texte.
L’autre élément qui m’a interpellée à la lecture, et contribue pour moi à sa richesse, c’est tout son réseau d’échos. Avec d’autres textes d’autres auteurs, certes, tels le Paradis de Dante, mais aussi, avec les textes de l’auteur lui-même. Ainsi retrouve-t-on de nombreux éléments du poème « Fantaisie » dans Sylvie. De l’air, qui est celui chanté par Adrienne, au château, en passant par Adrienne ou Aurélie qui pourraient être « la dame à sa haute fenêtre », à moins que cela ne soit celle de la chanson d’Adrienne… Aurélie justement… reviendra dans Aurélia. Et puis, les paysages du poème « El desdichado » sont les mêmes que ceux de Sylvie… Et l’on pourrait continuer ainsi.
Vous l’aurez compris, j’ai particulièrement aimé ce texte qui compte désormais parmi mes préférés. 

Place aux extraits:
- « Je me représentais un château du temps de Henri IV avec ses toits pointus couverts d'ardoises et sa face rougeâtre aux encoignures dentelées de pierres jaunies, une grande place verte encadrée d'ormes et de tilleuls, dont le soleil couchant perçait le feuillage de ses traits enflammés. Des jeunes filles dansaient en rond sur la pelouse en chantant de vieux airs transmis par leurs mères, et d'un français si naturellement pur, que l'on se sentait bien exister dans ce vieux pays du Valois, où, pendant plus de mille ans, a battu le cœur de la France. »
- « On s'assit autour d'elle, et aussitôt, d'une voix fraîche et pénétrante, légèrement voilée, comme celle des filles de ce pays brumeux, elle chanta une de ces anciennes romances pleines de mélancolie et d'amour, qui racontent toujours les malheurs d'une princesse enfermée dans sa tour par la volonté d'un père qui la punit d'avoir aimé. La mélodie se terminait à chaque stance par ces trilles chevrotants que font valoir si bien les voix jeunes, quand elles imitent par un frisson modulé la voix tremblante des aïeules. »
- « Elle y avait trouvé une grande robe en taffetas flambé, qui criait du froissement de ses plis. ‘‘Je veux essayer si cela m’ira, dit-elle. Ah ! je vais avoir l’air d’une vieille fée !’’
‘‘La fée des légendes éternellement jeune !...’’ dis-je en moi-même. »


Et vous ? Avez-vous lu cette nouvelle ? L’avez-vous aimée ?

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